Le Carnet d'Allumage

La panne avant le garage

L’assurance au tiers coûte parfois plus que le tous risques

Avatar de Gaëtan Rousserie

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Choisir une assurance au tiers pour économiser semble logique sur un véhicule âgé, dont la valeur de revente a beaucoup baissé. Ce raisonnement néglige pourtant un point essentiel : en cas de sinistre responsable, une assurance au tiers ne couvre aucun dommage sur le véhicule assuré lui-même, seulement ceux causés à un tiers. Le calcul qui compte n’est donc pas la prime payée chaque mois, mais ce qui reste à charge si un accident survient.

La valeur du véhicule détermine ce qu’une assurance tous risques rembourse vraiment

Une assurance tous risques indemnise, en cas de sinistre responsable ou de vol, sur la base de la valeur du véhicule au moment du sinistre, et non sur son prix d’achat initial. Sur un véhicule de dix ans, cette valeur peut être devenue très faible, ce qui réduit d’autant l’indemnisation possible malgré une prime plus élevée que celle d’un contrat au tiers. C’est cet écart, souvent mal anticipé, qui rend la comparaison entre formules plus complexe qu’un simple calcul de prime.

La franchise applicable en cas de sinistre change également l’équation : une franchise élevée sur un contrat tous risques peut, sur un véhicule de faible valeur, absorber une grande partie de l’indemnisation attendue. Comparer deux devis sans regarder la franchise et le mode de calcul de la valeur indemnisée revient à comparer des chiffres qui ne mesurent pas la même protection réelle.

La vétusté réduit l’indemnisation, pas seulement la valeur affichée

Au-delà de la valeur du véhicule, les assureurs appliquent un coefficient de vétusté qui réduit progressivement le montant remboursé pour certaines pièces remplacées après un sinistre, notamment sur les éléments d’usure. Ce mécanisme, encadré par les conditions générales du contrat et par le droit des assurances, explique pourquoi deux réparations identiques peuvent donner lieu à des indemnisations différentes selon l’âge du véhicule.

L’indemnisation d’un sinistre automobile tient compte de la valeur du véhicule au jour du sinistre et peut appliquer un coefficient de vétusté sur certaines pièces, une règle rappelée par la DGCCRF dans ses informations sur les contrats d’assurance automobile.

Le bonus accumulé au fil des années sans sinistre responsable joue également un rôle dans cette réflexion : passer temporairement à une formule moins couvrante pour économiser, puis revenir à une formule plus complète après un sinistre survenu dans l’intervalle, peut coûter davantage sur la durée qu’une couverture stable, en raison de l’effet du malus qui s’ajoute alors à une prime déjà relevée.

Un véhicule au tiers, en cas de sinistre responsable non couvert par le vol ou l’incendie, laisse donc l’intégralité de la réparation à la charge du conducteur. Pour un véhicule encore utilisé quotidiennement, même de valeur modeste, ce reste à charge peut dépasser largement l’écart de prime économisé sur plusieurs années par rapport à une formule intermédiaire.

Les formules intermédiaires méritent d’être regardées de près

Entre le tiers simple et le tous risques complet existent des formules intermédiaires, parfois appelées « tiers étendu » ou « tiers plus », qui ajoutent des garanties précises — vol, incendie, bris de glace — sans couvrir l’intégralité des dommages en cas de sinistre responsable. Pour un véhicule dont la valeur a beaucoup baissé mais qui reste utilisé quotidiennement, cette formule intermédiaire offre souvent le meilleur équilibre entre le coût de la prime et les risques réellement couverts.

Le choix entre ces formules gagne à se faire poste par poste plutôt que par un nom de contrat : demander précisément ce que couvre chaque garantie, et ce qui reste exclu, permet d’éviter la mauvaise surprise d’un sinistre survenu dans une situation que l’on croyait couverte alors qu’elle ne l’était pas.

Comparer sur la durée, pas sur la prime du premier mois

La décision entre tiers et tous risques gagne à se poser en fonction de l’usage réel du véhicule : un trajet quotidien sur route dégagée expose différemment qu’un stationnement urbain dense, où les sinistres non responsables — rayures, chocs de parking — sont plus fréquents et souvent mieux couverts par une formule intermédiaire que par le tiers simple. Pour ce qui concerne l’entretien qui préserve justement la valeur d’un véhicule sur la durée, notre rubrique entretien courant détaille les gestes qui limitent la casse entre deux révisions.


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